Édito

mardi 24 janvier 2012

Le bilan de Sarkozy peut être résumé par les difficultés dans lesquelles il a plongé notre pays. Durant cette mandature je n’ai eu de cesse, avec mes collègues parlementaires socialistes, de m’opposer à cette politique et de faire des propositions alternatives visant à introduire plus de justice, plus de croissance, plus d’emplois, plus de formation…

A trois mois de l’élection présidentielle, alors qu’après cinq années de « sarkozysme » notre pays compte trois millions de chômeurs, que la précarité a explosé et qu’une agence de notation a dégradé notre pays, le Chef de l’Etat convoque l’ensemble des partenaires sociaux pour débattre de mesures d’urgence à prendre contre la montée du chômage. En effet mieux vaut tard que jamais !

Mais que retenir de cette rencontre ?

Annonce a été faite de 430 millions d’euros de mesures d’urgence, financées par redéploiements de crédits. Un chiffre à mettre en perspective, pour en éclairer la totale incohérence au-delà des effets publicitaires, avec la baisse de 1,2 milliard d’euros des crédits alloués à la mission emploi et travail dans le budget 2012 voté à peine un mois auparavant. Dans le détail, 100 millions d’euros seront dédiés au développement de l’activité partielle, 100 autres financeront les exonérations de cotisations pour l’embauche de jeunes dans les très petites entreprises, et enfin la formation des chômeurs sera gratifiée de 150 millions. Rappelons nous que la réforme de l’ISF a permis aux ménages les plus aisés d’encaisser près de 2 milliards d’euros !

Nicolas Sarkozy a jugé la situation de l’emploi « extrêmement préoccupante » ce qui est une lapalissade. Que ne l’a-t-il pas fait dès 2008, une réorientation de sa politique de casse aurait été possible. Aussi face à la vague de licenciements, il s’est résigné à embaucher en CDD un millier de salariés pour le service public de l’emploi... après avoir supprimé 1800 postes au budget 2011 ! Je note que dans le rapport sur Pôle emploi produit par la mission sénatoriale à laquelle j’ai participé, l’insuffisance du personnel constituait une des observations centrales.

Ainsi, en matière d’intentions présidentielles tout est vaporeux pour ne pas dire confus.

Nicolas SARKOZY annonce la création d’un établissement bancaire dédié au financement de l’industrie… il était temps me direz-vous ; mais n’est-ce pas un aveu d’échec cuisant, alors que le Gouvernement n’a pas cessé de nous réaffirmer qu’il faisait tout pour que les banques fassent leur travail, ne spéculent plus mais prêtent afin de créer de l’activité et donc de l’emploi ?

Qu’est-ce à dire quand, face au désastre de sa politique du logement qui non seulement a asséché l’offre locative, a augmenté dans des proportions scandaleuses le coût des loyers tout en contribuant à alimenter la bulle spéculative, N. SARKOZY annonce « des mesures extrêmement puissantes pour doper l’offre de logements » ?

Que penser de cet attentisme pour mettre en œuvre une taxe sur les transactions financières alors qu’il s’est dit prêt à l’instaurer seul dans un premier temps ?

Qu’en est-t-il de la TVA sociale qui, par essence, est un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat de nos concitoyens et une attaque contre le seul moteur de croissance dont nous disposions encore : la consommation ?

Qu’en est-il du financement de notre protection sociale et de cette volonté d’abaisser le coût du travail en faisant contribuer les importations ? De même, qu’est-ce que ces accords qui permettraient aux entreprises en difficultés de négocier la durée du travail, une baisse de salaire ou un mélange des deux ? Comment ne pas s’interroger aussi sur le sens de cette mesure relative à une « réforme radicale  » de la formation professionnelle : « L’objectif est simple : que chaque chômeur ait une formation et qu’au bout de la formation chacun soit conduit à accepter l’offre d’emploi qui lui sera proposée » ?

Enfin au regard de son désastreux bilan, comment accorder une once de crédibilité à un Président sortant qui n’en finit plus d’être candidat à sa propre succession et de réaffirmer son crédo libéral ?


  • les trois articles précédents :
  • Édito 10 janvier 2012
  • Édito 20 décembre 2011
  • Édito 15 décembre 2011
  • les deux articles suivants :
  • Édito 22 février 2012
  • Édito 22 février 2012
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